Le cœur du reproche
Le cœur du reproche n’est pas le copyright, mais le consentement. Figma conteste et affirme ne viser que des schémas généraux.
Quatre questions à poser à chaque outil
Au fond, le problème tient à un choix de conception. Figma a décidé que l’entraînement de ses modèles serait activé par défaut : vos fichiers servent à nourrir l’outil, sauf si vous allez vous-même décocher l’option. C’est ce qu’on appelle un système « opt-out », par opposition à un système « opt-in » où rien ne se passe tant que vous n’avez pas donné votre accord.
Concrètement, cette activation automatique concernait les formules Starter et Professional. Les clients des offres Organization et Enterprise, eux, en étaient exemptés. La mesure est entrée en vigueur le 15 août 2024.
La nuance peut sembler mince, mais elle change tout. Être averti qu’une chose va se produire n’équivaut pas à en avoir accepté le principe. Prévenir n’est pas demander la permission.
Un test en quatre points
On peut juger un service à quatre repères simples. D’abord le consentement : avez-vous vraiment dit oui, ou une case était-elle cochée d’avance à votre place ? Ensuite la symétrie : ce que le service peut faire, pouvez-vous le faire aussi en sens inverse, ou certains pouvoirs restent-ils réservés à ceux qui gèrent la plateforme ? Vient l’information : êtes-vous prévenu clairement, là où vous regardez, ou l’annonce dort-elle sur un blog que vous ne lirez jamais ? Et la sortie : pouvez-vous partir et récupérer vos données, ou ce droit de retrait est-il verrouillé aux mains des administrateurs ?
Un réglage déjà activé sans votre accord, un retrait impossible sauf pour quelques initiés, une mise à jour importante glissée dans un billet qui n’atteint jamais l’utilisateur concerné : ce sont des signaux qui doivent alerter. Personne ne les vérifiera pour vous. Il faut le faire soi-même, sur chaque service que l’on utilise.
Pour plus d’informations sur les pratiques de consentement dans les outils numériques, consultez les ressources de la CNIL.


