Tout le monde veut se lancer dans la création de contenu. Certains rêvent d’influence, d’autres de statut de « thought leader » sur LinkedIn. Elena Verna, elle, déteste ces étiquettes. Elle raconte son parcours réel, avec ses satisfactions et ses revers, loin du fantasme de la notoriété facile.
Pourquoi se lancer dans la création de contenu ?
Pas pour devenir influenceuse, insiste-t-elle. Le déclic est venu après quelques passages en tant qu’invitée chez Reforge. Elle a mesuré la quantité de savoir enfermé dans les entreprises, coincé dans des fils Slack, des documents Notion et des têtes bien remplies.
En conseillant des startups, elle constate un motif récurrent : tout le monde bute sur les mêmes problèmes de croissance et d’organisation. Plutôt que de réapprendre séparément les mêmes leçons, autant les partager. C’est ce constat qui a lancé sa démarche.
Comment est né son audience ?
Twitter étant chaotique à l’époque, elle mise sur LinkedIn. Sa règle : si elle répète une idée trois fois en conversation, elle en fait un post. Elle applique aussi un conseil de Brian Balfour : le contenu qui fonctionne relève soit d’un avis à contre-courant, soit d’une régularité, un schéma que le cerveau adore reconnaître.
Départ modeste, avec vingt likes vécus comme une victoire. Puis les mèmes ont pris le relais, façon de faire passer des vérités difficiles en image. En un an, elle passe de quelques milliers d’abonnés à 40 000. Sa spécialité : la croissance pilotée par le produit.
Deux ans plus tard, poussée par ses lecteurs, elle ouvre une newsletter sur Substack pour posséder sa distribution. Résultat : bientôt 100 000 abonnés là-bas, environ 230 000 sur LinkedIn.
Quels sont les revers du métier ?
Le modèle économique tourne : éditions gratuites, archives payantes, plus de mille abonnés payants, et des créneaux de sponsoring vendus plusieurs milliers de dollars. Elle gagne désormais davantage avec ses activités indépendantes qu’avec son salaire à plein temps, travaillant chez Lovable.
Mais la face sombre existe. La création devient une routine sous contrainte de calendrier. Plus l’audience grandit, plus les critiques deviennent personnelles, souvent formulées par des gens qui n’ont pas lu le texte. Elle prend d’ailleurs août pour souffler.
Ses trois conseils pour qui hésite :
- Répondre aux commentaires : sinon, à quoi bon publier ?
- Rester soi-même, sans chercher le viral, pour trouver son public.
- Viser un « creator-market fit », une niche mal desservie où votre perspective compte vraiment.
Son verdict reste positif, à une condition : y aller les yeux ouverts. Pour les bonnes raisons, l’aventure change une vie. Pour les mauvaises, elle la change aussi, mais ça n’en vaut pas la peine.

